DEMARCHE ARTISTIQUE/ ARTISTIC APPROACH

 

Parcourir les étapes de mes démarches artistiques me rappellent que tout se lie et trouve sens quand on porte son regard sur le chemin parcouru.

Durant plusieurs années et de manière complètement intuitive, j’ai créé mon cabinet des merveilles*. Photographier mon quotidien, classer mes photos dans des tiroirs thématiques m’a non seulement permis de constituer une précieuse Mirabilia, matière première à mon travail de peinture mais, de manière indirecte a forgé mon identité artistique en accédant à un territoire de liberté illimitée où j’étais le seul maître à bord. Cet espace de pensée libre et solitaire est un pilier solide aujourd’hui.

Peindre, ces heures passées dans la solitude de l’atelier. J’y ai appris à m’arrêter, prendre du recul, recommencer. Peindre nécessite une qualité de présence à l’instant. Afin de me concentrer sur la touche et le geste, j’ai peint mes sujets à l’envers, m’obligeant ainsi à quitter le réel pour me concentrer sur les valeurs et les ombres. Je reviendrai un jour à la peinture comme on retrouve un vieil ami.

Le désir de partager mon expérience créative et investir un nouveau territoire artistique, les installations, m’ont poussée à proposer aux artistes et artisans de mon village à organiser un événement, découvert en 2006 à Paris dans le quartier de Belleville, les ateliers ouverts. depuis, chaque deux ans, les ateliers de mon village s’ouvrent, les écoles participent et un thème est proposé. C’est durant cet événement que j’ai créé Un si joli monde (2007), merci bien merci (2015) et le collier (2018). Ces installations ont un point commun, le PINK. Christo et Jeanne Claude l’avaient choisi pour emballer leurs îles (surrounded Islands), le PINK n’existe pas dans la nature, on en revêt les murs de certaines prisons, enfin c’est la couleur des filles et de Barbapapa… A la fois voyant, saturé, efficace et autoritaire. L’ensemble de ces installations ont pour titre « I tried to make my village happy »

L’installation, algorithme en 3D est un territoire où s’entremêle les élucubrations philosophiques, poétiques et bien sûr opérationnelles. L’aboutissement doit à l’image des pas du danseur, être simple et comme évident. Que ce soit le nid, ou  Pelote actuellement en création, qu’elle soit solitaire ou participative, l’installation ouvre des dimensions qui me dépassent et vont souvent bien au-delà de ma pensée. Ce domaine de création a un avantage important… l’atelier est pour l’essentiel dans la tête.

Enfin, comme j’ai une grande famille j’aimerais remercier Sophie Taeuber Harp pour…tout, Peter Doig et Marlène Dumas pour leurs virtuosités, Alexandra Voigt et Augustin Rebetez pour leurs univers si complets et cohérents, Hockney pour sa peinture, témoignant de ses liens d’amitiés et d’amour, Martin Assig pour sa pleine liberté, Martin Parr pour son humour si anglais, Clara Walker, le Corbusier, Madame Delaunay…

*Une Wunderkammer est un dépôt de séries hétéroclite, (…) une confrontation joyeuse, joueuse et désinvolte de tous les systèmes de classification disponible. Elle ne connaît que des agencements partiels, révocables et transitoires. Chaque objet d’un inventaire de Wunderkammer déjoue à plaisir l’attente du lecteur moderne et dissimule les raison de sa convocation. Elle est une pensée sauvage

Patricia Falguière  » les cabinets des merveilles »

Artistic approach

Going through the steps of my artistic approach reminds me that everything is connected and finds meaning when we look at the path travelled.

For several years and in a completely intuitive manner, I created my chamber of wonders*. Photographing my daily life and classifying my photos in thematic drawers not only allowed me to create a precious Mirabilia, raw material for my work of painting, but indirectly forged my artistic identity by accessing a territory of unlimited freedom where I was the unique master on board. This free and solitary space of thought has become a solid pillar today.

Painting, those hours spent in the solitude of the workshop. There I learned to stop, take a step back, and start again. Painting requires a quality of presence of the moment. In order to focus on touch and gesture, I painted my subjects upside down, obliging me to abandon reality to concentrate on values ​​and shadows. I will return to painting one day, as we find an old friend.

 

The desire to share my creative experience and to engage in a new artistic territory, installations, pushed me to propose to the artists and craftsmen of my village to organize an event, discovered in 2006 in Paris in the quarter of Belleville, the open workshops. Since then, every two years, the workshops of my village open up, the schools participate, and a theme is proposed. It was during this event that I created Un si joli monde (2007), merci bien merci (2015) and le collier (2018). These installations all have one thing in common, the color PINK. Christo and Jeanne Claude had chosen to surround their islands (surrounded Islands) in PINK; the color PINK does not exist in nature, we put it on the walls of some prisons, finally it’s the color of little girls and fairy floss … at the same time gaudy, saturated, efficient and authoritarian.

All of these installations are entitled « I tried to make my village happy »

 

The installation, an algorithm in 3D, is a territory in which the philosophical, poetic, and of course operational elucubrations intermingle. The outcome must in the image of the dancer’s steps, be simple and obvious. Whether it be le nid or Pelote currently in creation, whether it be solitary or participatory, the installation opens dimensions that surpass me and often go far beyond my imagination. This domain of ​​creation has an important advantage … the workshop is essentially inside the head.

 

Finally, as I have a large family I would like to thank Sophie Taeuber Harp for … everything, Peter Doig and Marlène Dumas for their virtuosities, Alexandra Voigt and Augustin Rebetez for their so complete and coherent universes, Hockney for his painting, testifying to his links of friendship and of love, Martin Assig for his complete freedom, Martin Parr for his so English sense of humor, Clara Walker, le Corbusier, Madame Delaunay …

 

* A Wunderkammer is a repository of heteroclite series, (…) a joyful, playful and casual confrontation of all available classification systems. It knows only partial arrangements, revocable and transient. Each object of an inventory of Wunderkammer foils the expectation of the modern reader and conceals the reasons for its summoning. It is a wild thought.

 

Patricia Falguière « les cabinets des merveilles »